Lorsque l’on regarde l’ensemble des œuvres de Maxime Frairot, à première vue, on ne décèle que des visages ciblés d’yeux exorbités mais loin d’être borgnes de l’esprit, de bouches au mordant accentué et de fronts étirés jusqu’à la démesure…mais rapidement le sentiment d’intrusion nous envahit pour découvrir la peinture. Agitateur de la pensée, l’artiste nous prête ses coups d’oeil sur les faces d’un monde autant qu’il nous donne son regard qui dévisage des figures non pas comme on les voit mais comme le peintre les ressent, dépeignant beaucoup plus qu’il ne les pense.
L’art n’est-il pas à lui seul déjà tout un monde ? C’est pourquoi, seule reste iconoclaste l’identité métaphorique car l’artiste, dans cet affrontement obsessionnel, par l’exploration de moult strates de perception, privilégie le silence pour mieux réfléchir la volonté d’exister, pour mieux capter les pulsions d’une société qui revisite ses codes et pour mieux écouter les visiteurs de ses œuvres qui sont, tour à tour, regardeurs/ regardés, objets & sujets.

Pas de jugement ni de morale, aucunes exclusions ni voyeurisme primaire car c’est l’humain qui est placé au cœur de sa création. Élaborés, les scenarii maïeutiques de Maxime Frairot ont l’art de recevoir, glissant quelques entractes à résonance autobiographique avec des autoportraits questionnés par lui-même ou sur sa familiale PME (père, mère, enfant). Un ’Je d’acteur’ qui devient lui aussi spectateur du tableau. La toile comme interface-à-face qui transfigure ses rencontres inspirées d‘une réalité ou d’un évènement voire qui recompose des silhouettes inventées par un imaginaire fécond. Témoin, assistant, révélateur, Maxime Frairot est un peintre doublé d’un humaniste qui en incarnant ses propres antidotes, (se) réalise à être simplement lui-même.
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